Les écrivains / adhérents
Sylvain Coher
Poésie / Roman / Nouvelle / Récits
Je suis né en 1971. Je vis à Paris et parfois à Nantes, selon le vent et l’état de la mer.
Après des études de Lettres Modernes, j’ai été successivement moniteur de voile, surveillant d’internat, libraire, maçon, éditeur et chômeur. L’écriture est venue en chemin, presque par hasard, dans le prolongement des lectures dont je ne me défaisais pas. Je lisais Char, Calvino, Onetti, Michon, Gracq, Bon, elle était toujours là, à rouvrir les livres que je venais de fermer. L’écriture est une sorte d’amie capricieuse, ni fidèle ni bienveillante. Et j’ai toujours peur qu’elle reparte comme elle est venue. C’est pour l’inviter à rester près de moi que je participe à des rencontres, des lectures publiques, des lectures-concerts (avec le guitariste Olivier Mellano) et pour elle aussi que j’anime régulièrement des ateliers d’écriture.
Grâce à elle, j’ai eu la chance d’être pensionnaire à la Villa Médicis, en 2005-2006. À Rome, j’ai rencontré le compositeur Jérôme Combier, avec lequel je travaille désormais à la création d’un opéra, comme librettiste. Parce que l’écriture peut changer de robe plusieurs fois par jour… Associé au Théâtre de l’Arpenteur (Rennes), j’ai écrit un long récit : Les effacés, paru en mars 2008 aux éditions Argol, puis une pièce de théâtre : Prends soin de l’ours, actuellement en cours de représentation. En 2009, j’ai suivi le festival de jazz Banlieues Bleues dans le cadre de « Ecrivains en Seine-Saint-Denis », puis entrepris un récit sur la mémoire du travail pour le Centre de Culture Populaire de Saint-Nazaire (44) qui m’accueillait en résidence dans la ville portuaire. Lors des ateliers nazairiens, l’écriture s’est faite collective et nous avons publié un recueil de 81 textes aux éditions Cénomane (Le Mans), sous le titre « Travailleurs de l’estuaire ». Je l’ai préfacé avec beaucoup de fierté. En 2010, l’écriture continue du côté de l’Abbaye de Fontevraud, pour la création d’un texte destiné à être lu, chanté et accompagné d’une pièce musicale originale. Un premier pas vers l’opéra…
Bibliographie
Romans/récit
– Hors saison, éditions Joca Seria, 2002, roman (prix du Pouliguen).
– La recette de Stein, éditions Joca Seria, 2004, roman.
– Facing, éditions Joca Seria, 2005, roman (sélection prix Inter-CE)
– Fideicommis, éditions naïve, 2006, roman (prix du roman de la ville de Carhaix)
– Les effacés, éditions Argol, 2008, récit
– Carénage, Actes-Sud, 2011, roman
Autres publications
– 6 Textes courts dans Rennes, Guide de la Ville Invisible. Editions Terre de Brume, 1999.
– Une pause, nouvelle, 2003. Editions de Mauves en noir, festival / La Sosta, Presses universitaires de Trieste, traduction de Graziano Benelli, 2007. festivaldulivre-carhaix.org/2008/downloads/nouvellle_coher.pdf
– Deux sur un banc, théâtre. 5 actes, avec Eric Pessan pour le site de littérature Remue.net, 2004.
remue.net/revue/TXT0310Coher_Pessan.html
– Mnemo, poésie. Editions Courbe(s), 2004.
– Trois ateliers d'écriture à l'usage des enseignants, Manuel de français 2è pro/Terminale BEP, éditions Delagrave 2004.
– La folie siffait, nouvelle. Co-édition Joca Seria/MCLA 2005.
– On recommence, théâtre, avec Eric Pessan. Le Lieu Unique, scène nationale de Nantes, 2005.
– L’Anse aux lapins, nouvelle. Revue d’art et de littérature Eponyme, éditions Joca seria, 2006.
– Pleine face, nouvelle, avec le peintre J.Lagarrigue. Revue Eponyme, éditions Joca seria, 2006.
– Collision, poèmes, avec le peintre J.Lagarrigue. Galerie O. Waltman, Paris 2007.
– Culturel Stations, poèmes, avec la photographe Tali Amitai-Tabib. Galerie O. Waltman, Paris 2008.
– Numbers, poèmes, avec le peintre Jorge Enrique. Galerie O. Waltman, Paris 2008.
– Les Voix moniales, nouvelle, Centre des Monuments Nationaux, éditions du Patrimoine 2009.
– Vil Jazz, nouvelle, revue D’ici-là, Publie.net éditions, 2009.
– Contre la vitre, nouvelle, Editions de la Sorbonne, 2010.
Résidences d’écrivain
- Château de la Turmelière à Liré (49) Ligue de l’enseignement, FAL en 2003-2004.
- Le Lieu Unique, Nantes (44). Projet « Chantier LU », 100 artistes en résidence, 2005.
- Villa Medicis (Italie). Pensionnaire de l’Académie de France à Rome en 2005 - 2006.
- Théâtre de l’arpenteur (35), projet « FRONTIèRE » en 2005, 2006, 2007, 2008 et 2009.
- Programme « Ecrivains en Seine-Saint-Denis », auprès du festival Banlieues Bleues (93) en 2009.
- Centre de Culture Populaire de Saint-Nazaire (44), en 2008-2009.
- Abbaye de Fontevraud (49), en 2010.
Théâtre / Opéra
– PAGE 13 et L’AILE BRISEE, deux scénarios de films courts pour la Maison de la Culture de Loire Atlantique (production MCLA) en 2003 et 2004.
– PRENDS SOIN DE L’OURS, pièce en trois actes, coproduction Théâtre de l’Arpenteur, L’Aire Libre et le Canal, Théâtre du Pays de Redon. Création 2009.
– LES VOIX MONIALES, texte mixte pour récitant et voix chantées, en cours de création à l’Abbaye de Fontevraud (fin 2010), avec le compositeur Jérôme Combier.
– Atelier de création Opéra du festival International d’Art Lyrique d’Aix en Provence en 2007, puis 2010 avec le compositeur Jérôme Combier et le vidéaste Pierre Nouvel, sous la direction de Pascal Dusapin.
Extraits
Fideicommis
Roman, éditions Naïve, 2006
Extrait :
C’est aujourd’hui qu’on m’enterre. Un peu plus bas, près de vous. Depuis l’aube, je suis aux premières loges. Bien exposé, vue panoramique sur le boulevard périphérique, tout proche, encore silencieux. Maintenant j’attends qu’on m’enterre, ici, dans ce quartier qui est le mien. Le mien depuis toujours et pour un bail encore. J’attends depuis la cime d’un arbre, identique aux autres arbres qui bordent le cimetière, et sur lesquels certains patientent, eux aussi, souvent pour se distraire.
En attendant, je croise et je décroise mes jambes. Je regarde l’agitation des rues, les mouvements derrière les fenêtres, sur les façades des immeubles. Puisque je n’ai que cela à faire, attendre.
Plus haut. Vu de très haut, du ciel par exemple ou encore d’une grue de chantier, du haut d’une tour immonde surmontée d’un panneau publicitaire, le 21ème ressemble au sud du 13ème. En bien plus sale, avoue-t-on par ici, dans les rares commerces qui survivent en abreuvant les pochards. C’est bien le quartier le plus abstrait et le plus prémédité de la ville, je le confirme. Les architectes sont des êtres malfaisants, je l’ai souvent dit. Toujours antipathiques et rasés de trop près, avec des lunettes étroites, carrées, ridicules. L’un d’eux, un cubiste foldingue, a dessiné tous les immeubles au fusain gras. Au critérium HB, la mine cassée à l’angle de la rue du Château-des-Rentiers et de l’avenue des Trente. Ça fait un trou qui fait rond-point aussi, et sur lequel les stagiaires de la police municipale viennent nicher, au printemps et tous les vendredis soir.
Ce n’est pas un hasard si les habitants du gris deviennent dingues.
Gris dingue.
Lieu de vie
Ile-de-France, 75 - Paris
Types d'interventions
- Ateliers en milieu scolaire
- Rencontres publiques
- Ateliers en milieu universitaire
- Débat/dialogue en milieu universitaire
- Ateliers autres publics
- Résidences
- Débat/dialogue en milieu scolaire





