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Les écrivains / adhérents

Virginie Buisson

Roman / Nouvelle / Essais / Théâtre / Scénario

J'écris des plans séquences, des moments furtifs, j'arpente les lieux, je traque la sensation, je veux quelle fasse écho. Je cherche une adhérence au monde. Je cherche la peau et les nerfs et le "pauvre coeur des hommes" Je traque le mot juste, la scansion de Satie plutôt que celle de Wagner. Mon écriture est celle du témoin, du guetteur inlassable.
C'est mon identité primitive.

Bibliographie

Romans
– Le silence des otages - Editions du Cherche Midi - janvier 2003
– L’Algérie ou la mort des autres - La Pensée Sauvage - 1978 ; Gallimard - 1981, rééd 1992 - 2004

A paraître
– La dispersion des amants

Essais
– Traverses et balast (musée Réatu) en collaboration avec le photographe Cesare di Laborio (2006)
– Lettres retenues, Correspondances censurées des déportés de la Commune en Nouvelle-Calédonie
Editions du Cherche midi - septembre 2001

Théâtre
– Le bal des ogres (Médiathèque Port de Bouc) coproduction avec le groupe Phosphènes et la compagnie « Autrement dit » 2007
– Les lettres perdues d'Honoré Bonnaventure -
Théâtre de l’île, Nouméa 2003-2004 Case commune de l'île des Pins (Nouvelle-Calédonie).
– Cours d'appel d'Aix en Provence (colloque sur la justice)
Cité du livre Aix en Provence (2001-2002)
Le Quartz scène nationale de Brest 2002
Salon du livre insulaire Ouessant
Les Nuits de la Correspondance : Manosque (1999)
– L’enfant, celui qui ne parle pas - (en collaboration avec Michel Deutch et Hélène Cixous) Mise en scène Gilberte Tsaï. Maison de la culture de Grenoble - Théâtre de l’Est parisien (1987)
– Chemin de halage - Théâtre de Valence – Maison de la culture de Grenoble, 1986

Nouvelles
– Billet de passage (littera 2006)
– La condition des soies (littera 2003)
– La surface de réparation, Lexi/textes, Théâtre de la colline, Editions L’Arche 2001

Court-métrage
– Etat des lieux, Coproduction Ministère de la culture français, ministère de la culture algérien, Ville de Grenoble ; Alger 1982.

Emissions radiophoniques
– Honoré Bonnaventure, matricule 17
Dix émissions diffusées sur France Culture en octobre 2000, rediffusées 2001-2002.

Expositions
– Les Proscrits de la Commune, (100 stèles portraits, extraits de lettre d’amour confisquées)
– Le Quartz, scène nationale de Brest (Janvier/février 2003)
Médiathèque d’Arras (mai 2003)
Salle d’honneur du Sénat (11- 30 novembre 2002)
– « Billet de passage », des émigrants bretons en Nouvelle-Calédonie
Le Quartz scène nationale Brest décembre 2001-janvier 2002
Archives d’outremer -Aix en Provence : 16 mai -15 août 2002
Salon du livre insulaire de Ouessant : 20 - 31 août 2002
Honoré Bonnaventure, matricule 17, de la Commune à la Nouvelle-Calédonie»
Le Quartz scène nationale (avril 2001)
Nouméa (Musée maritime mai 2000)
Aix-en-Provence : Centre des Archives d’outre-mer, Cour d’appel d’Aix en Provence (septembre 99)
Ateliers d’écritures dans le cadre de résidences : Le Quartz Brest, Médiathèque Port de Bouc et de l’action « littérature en effets » Peuple et culture : Marseille, Die, Grenoble, Lyon, Nantes, (Fulda- Frankfort)

Cursus professionnel
Écrivain en résidence
Médiathèque de Port de Bouc
2006-2007
Mission de recherche
Ministère de l’équipement-Région Paca-Ville d’Arles
2003- 2006
La requalification des ateliers SNCF de la Ville d’Arles
Écrivain en résidence
Le Quartz Scène nationale de la ville de Brest 2000- 2003
Chargée de mission pour la justice la citoyenneté la culture
Délégation interministérielle à l’insertion
1996-1999
Chargée de Mission pour l’insertion et la formation professionnelle
1988-1996
Dans le cadre des accords de Matignon en Nouvelle-Calédonie (Nouméa)
Chargée de recherche
1976-1988
Contractuelle, CEPS laboratoire associé au CNRS (Grenoble)
Changement social en région Rhône-Alpes - Appareil de formation français-Travailleurs migrants
Contrats de pays
Chargée d’études
Parc régional des volcans d’Auvergne
(Clermont-Ferrand) 1970-1973




Extraits

Extraits du livre écrit en résidence à Port de Bouc (13) 2007
Le bal des ogres

No smoking
c'est le seul avertissement écrit sur les tankers

Ecrire à Port de Bouc, c'est l'intranquillité d'un site d'une effrayante beauté. A la nuit tombée au large les tankers à l'ancre s'illuminent peu à peu et l'on oublie l'énergie et la violence qu'ils portent dans leurs flancs, on se laisse aller à la fascination des lumières de fêtes foraines, à la réapparition furtives des lucioles, au cinémascope, à la Nave Va.
Dans votre ville je suis de passage, arrive parfois la tentation de rester lorsque la mer est calme, très pâle.

Apprendre ici une certaine mesure du monde. arpenter les rues, les collines, la jetée, les ports, les quais, roder derrière les palissades, les grilles, pénétrer les lieux interdits, les seuils, les cours, se perdre dans les friches, dans l'entrelacs des tubulures, l'amoncellement des citernes nourricières et leurs cargaisons parfois mortifères. Ces chargements que l'on voudraient arraisonner pour rendre à l'air, à l'eau, au ciel une pureté originelle et offrir aux hommes la mesure des choix qui donnent un sens au lever du jour.
A certains moments dans votre ville, lorsque lentement la mer devient bleu nuit, on ressent une sorte de quiétude, un sentiment d'appartenance au monde.
Lorsque les jours de grands vents, la houe bat furieusement sur les rochers et sur les tombants du fort, lorsque les cargos s'abaissent à babord, à tribord, lorsque les cargaisons tanguent dans la lumière, lorsque les châluts rentrent au port traînant dans leur sillage le voile argenté et bruyant des oiseaux. Lorsque les chats vont à l'abordage. Lorsque lentement les péniches remontent le canal. Lorsque le soleil adoucit les pierres, j'ai envie de rester.
No smoking
c'est le seul avertissement écrit sur les tankers.


Extraits du manuscrit en cours "La dispersion des amants"

Si j'avais dû faire l'inventaire de mes connaissances à vingt ans j'aurais énuméré un vrac de compétences : Je savais taper à la machine, gagner à l'arraché un match de tennis, je savais charger un fusil, lancer une grenade, je me souvenais d' Alpha Bravo, Tango, je pouvais encore écrire quelques mots d'Arabe, répondre cinq sur cinq lorsque j'avais compris un message, raconter la vie d'Emma Bovary, d'Anna Karénine, parler des âmes mortes des paysans russe, réciter «La ballade des pendus» enfin une partie.

Voilà, je pouvais dégainer ce butin légué par mon érudit de père présumé, je pouvais rêver de l'eldorado calédonien de mon exilée de mère, raviver les stances du grand père, du «chemin des dames» à «La tranchée de baïonnettes».

Ce que je ne pouvais plus c'était écrire correctement, l'orthographe avait disparu. Dispersées, fracassées les règles du bon usage. De même, le graphisme, la forme des lettres étaient erratiques, aléatoires, j'étais illisible. Mais côté lexique guerrier j'étais abondamment pourvue.
Ce que je ne pouvais pas c'était me souvenir de ce qui était advenu là-bas. Ce que je pouvais faire sans cesse, ce dont j'étais capable, vraiment seulement, uniquement, c'était me souvenir du regard et du ventre de l'amant, du plaisir à pénétrer la mer à Alger et des cris. Quant à mettre des mots sur les cris, je ne le pouvais pas, l'écriture à venir, attendue avec certitude était le lieu de ma dissidence, de ma survie.

Lieu de vie

Hauts-de-France, 02 - Aisne

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers d'écriture en milieu universitaire
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire