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Les écrivains / adhérents

Yves Bichet

Poésie / Roman
photo Yves Bichet

Né à Jailleu (Isère). Bachelier. Marié, un enfant ou deux, selon. Vit à Grignan (Drôme) depuis 1975. A travaillé neuf ans dans l’agriculture, puis dans le bâtiment (maçon) pendant une quinzaine d’années. Depuis se consacre entièrement à l’écriture.


Bibliographie

— La part animale (roman), éd. Gallimard 1994 / Folio 2007
— Le rêve de Marie (poèmes), éd. Le temps qu'il fait 1995
— Clémence (poèmes et proses), éd. Le temps qu’il fait 1999
— Le Rocher (roman), Fayard 2000
— Les terres froides (récit), Fayard 2000
— La femme Dieu (roman), Fayard 2001
— Chair (roman), Fayard 2002
— Le Papelet (roman), Fayard 2004
— La Papesse Jeanne (roman / réédition en un volume de La femme Dieu, Chair et Le Papelet) Fayard 2005 / Le livre de poche 2007
— Le porteur d’ombre, (roman) Fayard 2005 / Le Livre de poche 2007
– Resplandy (roman), Seuil 2010

Il a obtenu le Prix GLM 1982, le Prix Rhône-Alpes du Livre 1993 pour sa traduction du poète anglais David Constantine : Sorlingues Ed. La Dogana, Genève 1992, le Prix Nord-Isère pour son roman chez Gallimard, le Prix Lettres frontière pour son récit Les Terres froides, le Prix Lucioles pour La femme Dieu. Par ailleurs l’adaptation radiophonique de son premier roman La Part animale a été nommée au Prix Italia 1994. Il est juré au Prix Cybèle (Centre International de l'Enfance).

Yves Bichet écrit également pour le théâtre (La Cérémonie Ed. Paroles d'Aube 1998 / La Mort qui tue Dialogue littoral 2001), la jeunesse (Peau noire, peau blanche Gallimard-Jeunesse 2000), ainsi que pour la radio.
Certaines de ses nouvelles ont paru dans des ouvrages collectifs. Ainsi, Lettres de rupture chez Pocket (2002), ou Le sexe à la Découverte (2003).
Certains de ses textes sont traduits en anglais, italien, bulgare et allemand.

Il cosigne en tant que scénariste et dialoguiste l’adaptation au cinéma de son premier roman La Part animale (réal : Sébastien Jaudeau), l’adaptation pour Arte de sa nouvelle La mort qui tue (réal : Hadrien Bichet) et travaille actuellement au scénario du film Nuit bleue (réal : Ange Leccia).

Une étude critique de son travail de poète et de romancier est parue sous la plume de Jean-Pierre Richard : Quatre lectures (Fayard, 2002)

Extraits

Resplandy (Le Seuil 2010)

« Le monde vu à travers l’image est un monde perdu de vue. »

De nouveau, peut-être pour la centième fois, je me demande ce que ces mots veulent dire exactement. Je remonte la rue des Rondeaux, détourne les yeux des vitrines et cherche à décrypter le sens de la phrase de René Char. De quelle image parle-t-il ? Des images au cinéma, des écrans de télévision, de l’image glaçante de la publicité, exact opposé de l’écrit… ou alors de leur inverse à tous et à toutes, par ailleurs comble de l’écrit : la métaphore, la comparaison... « Le monde vu à travers la métaphore est un monde perdu de vue. » Pour un poète, ça ressemblerait à une proclamation. Pour un professeur d’arts plastique, ça reste une énigme. Je n’ai pas très envie d’évoquer mon album jeunesse mais, tout de même, j’envoie la phrase de René Char en SMS sur le portable de l’éditeur... Je retourne à Ménilmontant. Resplandy et son beau corps nu mélangeant les urnes funéraires m’obsèdent de nouveau. Ce corps usé mêlant les cendres de nos parents et répétant sa phrase sur l’image, l’énigme de beau ce corps-là, de ce monde-là, je suis peut-être en train de la perdre de vue…

La Ligne imaginaire (à paraître)

Je m’appelle Coublevie. J’arpente des sentiers lumineux et ventés, la lisière de nations très anciennes. Je parcours jour après jour le même chemin, sillonnant les pays d’altitude, suivant pas à pas mon bout de frontière Italie-France, au mètre près. J’en connais chaque vallon, chaque torrent, chaque alpage. Je longe cette limite d’un seul côté, jalonnant sans cesse les mêmes crêtes, franchissant les mêmes cols, passant d’un horizon à l’autre : Mont Cenis au nord, Mont Viso au sud, Mont Thabor au centre. Des sommets, des vallées, des alignements de cimes à contourner, des arêtes à franchir… J’en explore les pentes et les parois, les lacs, les arbres et les cailloux, les tournants, les mamelons. C’est comme une peau. J’ai l’impression de suivre une ancienne séparation douce et affaiblie... Je frôle, je foule, je déroule ma vie entière sur ce bout de frontière inusable. Je suis le marcheur d’un seul chemin… Robert Coublevie, ancien pion au lycée agricole d’Embrun (Hautes-Alpes), chemineau par passion et par mélancolie, pauvre par obligation, endurant par devoir, cocu par négligence, arpenteur et fuyard.

Lieu de vie

Rhône-Alpes, 26 - Drôme

Types d'interventions
  • Rencontres publiques
  • Ateliers en milieu universitaire
  • Débat/dialogue en milieu universitaire
  • Ateliers autres publics
  • Résidences
  • Débat/dialogue en milieu scolaire