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Les écrivains / adhérents

Sophie Stern

Nouvelle
photo Sophie Stern

Sophie Stern est née en 1970, quelque part en Seine-et-Marne.
Elle démarre en écriture par des nouvelles qu’elle publie en revues et collectifs, en France et au Québec, avant de publier son premier recueil « Femmes tortues hommes crocodiles ». Elle aime la nouvelle pour sa densité, son intensité. Souvent elle cherche à faire réfléchir, si possible avec le cœur d’abord. Les sujets de société l’inspirent tout comme la diversité des relations humaines. Elle fait parler ses personnages à la première personne pour nous amener au plus près de leur vie intérieure, des êtres introspectifs qui souvent se cherchent.
Chaque année passant, Sophie Stern s’investit un peu plus dans la vie littéraire. Après avoir participé à différents jurys de lecture amateurs comme celui du « Prix du livre oublié », elle a collaboré aux revues Brèves et Moebius, participé à des rencontres publiques, animé des ateliers d’écriture, puis lancé et organisé une manifestation littéraire autour des formes courtes, le Salon de la Nouvelle de Bures-sur-Yvette et qui verra en novembre 2011 sa deuxième édition.
Ses activités littéraires s’ajoutant à un autre métier tout aussi multiforme, Sophie Stern a parfois l’impression de vivre plusieurs vies en une seule, ce qui lui paraît pour le moins raisonnable.
Si l’écriture est pour elle une respiration, un garde-fou, c’est aussi un espace de liberté pour aller à la rencontre de l’autre.

Thèmes
L’amour, la mort, la quête de sens, la modernité.

http://sternsophie.blogspot.com
Bibliographie

Nouvelles
– Femmes tortues hommes crocodiles, D’un noir si bleu, 2011
Prix Nouvelles D'Automne 2011
Sélectionné pour le Prix littéraire des Lycéens et Apprentis de Bourgogne, 2011 - 2012

Direction de revue
– Codirection avec Monique Le Maner du numéro 127 de la revue québécoise Moebius, avec pour thème Le dilemme.

Nouvelles publiées dans recueils collectifs et revues
– Pluie à Uluru suivie d’un entretien avec Joël Glaziou, revue Harfang n°38, 2011.
– Le tableau d’Andy Warhol, collectif Autour du noir et du bleu, D’un Noir Si Bleu, 2011.
– Le comité stratégique, collectif Pas de travail qui vaille, Atelier du Gué & Ecole Estienne, 2010.
– Coma mon amour, revue québécoise Moebius, n°119, 2008.
– Refuge, revue Brèves, n°82, 2007.
– Quand je serai grand, revue L’Encrier Renversé, n°57, 2007.
– Un passe-temps, Revue L’encrier Renversé, n°56, 2006, Concours 2005.

Nouvelle mise en voix
– Pluie à Uluru, mise en voix par le comédien Vincent Grass, lors de la première édition du Salon de la Nouvelle de Bures-sur-Yvette, 27 Novembre 2010.

Vie littéraire
Présidente de l’association Parlons Nouvelles en Vallée de Chevreuse.
parlonsnouvelles.blogspot.com

Extraits

Extrait de la nouvelle « Pluie à Uluru »

A perte de vue le sable, rouge vénitien. La piste droite comme un doigt tendu, celui du chemin à suivre. Même si.

J’ai fait le plein d’essence à Port-Augusta, juste avant de prendre l’Oodnadatta Track. Au dernier moment je n’ai pas eu envie de prendre l’autoroute, la Stuart Highway, celle qui traverse l’Australie du Nord au Sud ; de toute manière je la récupérerai plus haut, un peu avant Alice Springs. C’est un choix étrange que j’ai fait là, je ne l’avais pas prémédité. Peut-être pour prouver que je suis un homme, un de ceux qui ne craignent pas d’affronter la poussière du désert. Pour le prouver à qui ? C’est idiot, personne pour me voir ici au milieu de nulle part, et surtout pas celle qui m’a à son insu entraîné vers ce choix insensé, Julie. Une folie cette piste, l’autoroute fraîchement goudronnée m’aurait tout aussi bien conduit à mon but. Je n’en peux plus de tous ces kilomètres de rien, de vide, juste ces road-trains illuminés comme des sapins de Noël, de véritables engins de mort.

Les villes et leurs gratte-ciel sont loin, les vignobles aussi. Le soleil baisse et l’horizon semble poudré. Je referme la fenêtre, la fraîcheur est déjà tombée et bientôt il fera froid. Je serai à Ayers Rock, ce rocher-colline rouge, le cœur de cette île continent, dans deux jours. Enfin si tout va bien, si je tiens le rythme et ne sombre pas. Des heures que j’écoute en boucle mon CD de Bashung. Oui Bashung. Ici cela a quelque chose d’étrange, et pourtant. Sa voix forte et si spéciale me vrille à l’intérieur, me tient éveillé, coûte que coûte. Car la fatigue me guette, je le sens au niveau de ma nuque qui s’affaisse, au coin de mes paupières qui glissent. Trop de bière, trop de kilomètres en ligne droite, sans parler de la solitude. Pas de voiture devant pour m’entraîner à sa suite, pas de voiture derrière à guider de mes phares. Voyage insensé. Folie des kilomètres à aligner au compteur. Plusieurs centaines. Complètement dingue, je sais.

Lieu de vie

Ile-de-France, 91 - Essonne

Types d'interventions
  • Rencontres publiques
  • Débat/dialogue en milieu universitaire
  • Ateliers autres publics
  • Débat/dialogue en milieu scolaire