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Les écrivains / adhérents

Yahia Belaskri

Roman / Nouvelle / Essais
photo Yahia Belaskri

Né à Oran, après des études de sociologie, je suis cadre dans diverses entreprises algériennes, avant de me tourner vers le journalisme.
Après les émeutes d’octobre 1988 en Algérie – un échec pour moi, pour ma génération – je m’installe en France.
Journaliste, notamment à Radio France Internationale durant douze années, je travaille sur les questions relatives à l’interpénétration des cultures dans le bassin occidental de la Méditerranée, et dans ce cadre, de la nécessaire relation France-Algérie. J’ai consacré à cette question de nombreux articles, contributions et ouvrages.

Bibliographie

Romans
– Les Fils du Jour, éd. Vents d'ailleurs, octobre 2014
– Une longue nuit d’absence, éd. Vents d’ailleurs, mars 2012 ; éd. Apic 2013, Alger
– Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, éd. Vents d’ailleurs, 2010 éd. Apic, Alger 2011, éd Donata Kinzelbach, Frankfurt 2013 - Prix Ouest France-Etonnants Voyageurs 2011 - Prix Coup de cœur de Coup de Soleil Languedoc-Roussillon 2012
– Le bus dans la ville, éd. Vents d’ailleurs, mars 2008 ; éditions Apic, Alger, 2009.

Récit
– Haïti en lettres et en images, photographies de Francesco Gattoni, éd. Magellan et Cie Paris, mai 2014.

Nouvelles
– Supplique au vent in L’Afrique qui vient, anthologie, s/s la direction de Michel Le Bris et Alain Mabanckou, éd. Hoëbeke, 2013 ;
– Un homme est mort, un seul le pleure in Algéries 50, éd. Magellan et Cie, Paris 2012 ;
– Blanc et noir, in Nouvelles d’Afrique, nouvelles de foot. Enfants de la balle, éd. J. C. Lattès, Paris 2010 ;
– Le retour in Ancrage Africain, recueil de nouvelles, éd. Apic, Alger 2009 ;
– La fenêtre bleue in site Internet : www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article9870 ;
– Histoire fausse in Dernières nouvelles de la Françafrique ; éd. Vents d’ailleurs, oct. 2003.

Contributions et Essais
2013 : Camus et l’Algérie : le retour in Pourquoi Camus ?, éditions Philippe Rey, 2013.
1998 : L’islamisme et l’Europe sociale in Extrémismes en Europe, ouvrage collectif, sous la direction de Jean-Yves Camus, L’Aube-CERA, 1998.
1995: Khaled, Sogecom-Dauphin Diffusion, 1995.

Direction d’ouvrages collectifs
2012 : Algéries 50, recueil de nouvelles, éd Magellan, Paris 2012 (avec Elisabeth Lesnes) ;
2007 : Les Franco -Maghrébins et la République, éd. Apcv, 2007 ;
2004 : L’épreuve d’une décennie. Algérie, arts et culture 1992-2002, éd Apcv-Paris Méditerranée, Paris 2004 (avec Christiane Chaulet-Achour).

Extraits

Je distinguais à peine les pâtés de maisons qui se bousculaient dans la nuit. Les lumières dansaient. Il pleuvait à torrent et les rues n’étaient plus qu’un immense bourbier, charriant toutes les saletés de la ville. Le nez collé à la vitre du bus, je scrutais cette ville endormie, éteinte, absente. Mon Dieu ! Qu’elle était laide dans cette absence ! Je lui inventais - en vain - quelque charme : la montagne qui la ceint sur son flanc, la mer qui lui caressait le front, les portes qui jadis la ceinturaient, aujourd’hui lui léguaient un passé, une histoire millénaire ; même la falaise qui la coupait en deux je tentai de lui trouver un attrait. Elle n’en avait pas. On ne peut s’y égarer encore moins s’y cacher : sans aspérité, ni pente, laide et plate. Plate, sans forme. Une ville plate et sans forme : c’est triste. Une ville en bord de mer sans la mer. De partout la mer est invisible. De nulle part, vous n’entendez les vagues mourir sur les galets des plages. De nulle part, vous n’accédez à la rencontre du ciel et de la mer. De partout, la montagne est visible. Une montagne sans charme où trône un fort vieux de plusieurs siècles, décrépi, abandonné, une Vierge isolée, oubliée, et un marabout hideusement peint de vert. Dans cette ville, il n’y avait pas d’arbres. Pas d’arbre pour échapper au soleil ardent des journées d’été. Il n’y avait pas de fleurs, ni oiseaux non plus. Pourquoi cette ville n’avait pas d’oiseaux pour chanter ? Pourquoi ne dégageait-elle que les senteurs de ses égouts béants ? Il y avait les êtres, bien sûr. Des êtres perdus, traînant leurs guêtres. Des êtres perdants. Ils avaient perdu leur histoire et le présent. Et la peur. La peur…
La peur, oui c’était la peur. C’était la peur qui m’angoissait, m’étouffait presque. La peur de mourir. Mourir pour rien, bêtement. Mourir sans vivre. Cela me terrifiait. Comment peut-on mourir si on n’est pas en vie ? Il faut vivre pour mourir. Vivre et rêver. Vivre c’est être digne, rêver c’est s’indigner. Si l’on n’est pas digne, si l’on ne s’indigne pas, comment peut-on mourir ? Et comment mourir ?
Mourir au détour d’une vie de gamin ? Sur les sentiers de rêves inaboutis ? Ou sur une route parsemée de compromissions ?

Extraits « Le bus dans la ville », éditions Vents d’ailleurs, Paris 2008.

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Rencontres et lectures publiques
  • Rencontres en milieu universitaire
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire