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Les écrivains / adhérents

Fabien Maréchal

Nouvelle
photo Fabien Maréchal

Journaliste, né en 1972, habitant à Gagny (Seine-Saint-Denis), collabore à l'édition française du magazine National Geographic après avoir travaillé en presse locale (L'Alsace, Le Pays Briard), magazine (Télé2Semaines) et œuvré pour plusieurs sites Internet (dont www.lejournalminimal.fr et www.poin-poin.com) pour des chroniques sur la musique rock-metal, la littérature et l'actualité politico-économique.

Mes récits privilégient toujours l'aspect humain et ses lézardes: difficulté à comprendre ce que l'on pense, à l'affirmer sans verser dans l'idéologie, à résister aux pressions sociales. Une dose d'humour noir et d'auto-dérision se mêlent à une vision du monde qui tend vers l'absurde pour mieux débusquer ses mécanismes aberrants. Parmi les thématiques récurrentes: la pression d'un pouvoir insaisissable, la déconnexion avec notre environnement, l'effacement du lien social derrière la technique, la lutte pour rester soi-même.

J'interviens par ailleurs depuis 2017 lors d'ateliers d'écriture en milieu scolaire avec l'association Tu connais la nouvelle ?, en collaboration avec le Ciclic (région Centre-Val de Loire)

http://www.fabien-marechal.fr
Bibliographie

– Nouvelles à ne pas y croire, recueil de nouvelles, 2012, éditions Dialogues
– Violon! et Le Contrat, in Textallica, recueil collectif, 2013, éditions Camion Blanc
– Dernier avis avant démolition, recueil de nouvelles, 2016, éditions Antidata
– Protection rapprochée, novella, 2017, éditions Lunatique
– La Gueule du loup, in Petit Ailleurs, recueil collectif, 2017, éditions Antidata
– Coquille, nouvelle, in revue Brèves n°111, 2017, éditions Atelier du Gué
– La Bourse ou la vie, nouvelle, in La Justice… demain, ailleurs, autrement, recueil collectif, à paraître (2018), éditions Arkuiris

Extraits

"Ce matin, pour la première fois depuis dix ans, je ne prendrai pas mes médicaments pour le cœur et contre l’angoisse. J’aurais dû arrêter plus tôt, dès qu’ils ont annoncé la démolition de l’immeuble. C’est terrible comme on s’attache à ce dont on n’a pas besoin. On harponne une illusion, on se la colle dans le crâne et, pour l’en sortir, il faudrait se faire sauter le caisson.
Le jour n’est pas encore levé. Le chant des merles du square parvient à peine à ma fenêtre, au seizième étage. Les lampadaires jettent des cercles de lumière jaune sur l’allée, entre les deux barres HLM d’en face et la butte de terre de remblai engazonnée. Rien ne bouge. Dans un quart d’heure, des ouvriers et des agents -d’entretien sortiront de leurs clapiers pour attraper les premiers RER, par-delà le boulevard Gagarine.
Des immeubles, on en a déjà détruit des tas. J’ai vu des images au journal régional. On laisse la foule à cinq cents mètres, derrière des barrières, un haut-parleur claironne le compte à rebours, un hélicoptère survole la scène. Pour une barre, toutes les charges explosent en deux secondes à partir du milieu, ou alors d’un côté à l’autre, et elle s’écroule sur elle-même ; une tour, on a l’impression qu’elle s’enfonce dans le sol par un ascen-seur dont les câbles ont lâché. À peine le temps de cli-gner des yeux, tout est par terre. Un nuage blanc-beige remonte des gravats, et seules les volées d’oiseaux qui piaillent en cercles affolés percent le silence après les déflagrations. Puis le vent finit par pousser le nuage, les oiseaux se posent sur un toit ou un arbre, et c’est fini. Comme si personne n’avait jamais vécu là et que -l’endroit était resté tel qu’après-guerre. Un amas de décombres."
(première page de Démolition, extrait de Dernier avais avant démolition, 2016, éd. Antidata)

« Entrez, c’est toujours ouvert. »
L’uniforme jaune et bleu pousse le portillon, et grimpe la douzaine de marches jusqu’à moi. Nous avons un facteur philosophe : « Je colporte heurs et malheurs plein la sacoche, aime-t-il à dire, mais ne choisis pas à qui je les distribue. » Toutefois, aujourd’hui, il arbore un visage étrangement fermé et me salue à peine. Il me tend une enveloppe frappée d’un drapeau tricolore. À défaut de choisir, me dis-je, il doit parfois deviner la nature de ses augures : le plus gros expéditeur de courrier du pays est l’Agence nationale du travail.
Si mon mari avait reçu le pli officiel à ma place, il se serait débrouillé pour l’égarer dans un coin du salon. Un homme, ça fait semblant de ne pas avoir marché dedans tant qu’il n’en sent pas l’odeur. J’arrache le haut de l’enveloppe avec les dents.
« Et moi qui voulais installer une alarme !, s’écrie Marc, avachi en jogging devant une émission de téléréalité qui promet un emploi de veilleur de nuit au gagnant. Cécile, tu effraierais un cambrioleur ! »
La lettre porte l’en-tête du ministère de l’Intérieur. J’en termine la lecture à haute voix en m’approchant de Marc : « ... que votre sous-sol a été désigné pour abriter une annexe du commissariat central de la Police nationale... »
(Première page de Protection rapprochée, novella, Lunatique, 2017)

Ma bibliothèque

Pierre Autin-Grenier, Toute une vie bien ratée
Dino Buzzati, Nouvelles inquiètes
Primo Levi, La Trêve
Imre Kertesz, Liquidation
Jose Saramago, Tous les noms
Albert Londres, Dante n'avait rien vu
Boris Vian, L'Automne à Pékin
Tristan Egolf, Le Seigneur des porcheries
Manuel Scorza, Roulements de tambours pour Rancas
Pete Fromm, Indian Creek
La Forêt des renards pendus, Arto Paassilina
Nicolas Bouvier, L'Usage du monde
Georges Hyvernaud, La Peau et les os
Andrus Kivirähk, L'Homme qui savait la langue des serpents
La Peau froide, Albert Sanchez Piñol

Lieu de vie

Île-de-France, 93 - Seine-Saint-Denis

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Rencontres en milieu scolaire