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Les écrivains / adhérents

Florence Miroux

Roman
photo Florence Miroux

Née en 1963 à Paris, je grandis à Aubervilliers où je commence à écrire. Historienne de formation, spécialisée dans l’Histoire des relations internationales, j’obtiens en 1989 un DESS en Sciences Politiques à l’université de Paris I Sorbonne qui me conduira à travailler dans le domaine de la coopération et du développement jusqu’en 1995. De 1992 à 1995, je sillonne l’Afrique de l’Ouest et recueille des témoignages sur l’exploitation des forêts, derniers remparts contre l’avancée du désert dans les pays du Sahel. De cette investigation naît un premier livre publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture.
De retour à Paris, je découvre une nouvelle approche de l’Histoire par les « lieux de mémoire » avec l’historien Pierre Nora et démarre une recherche autour de la guerre d’Algérie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. En me plongeant dans les mémoires de trois familles d’origine pied-noir, métropolitaine et algérienne, je pense pouvoir approcher la part active du passé et son jaillissement sur le présent. De cette période très féconde sur le plan des idées mais jalonnée d’obstacles dés qu’il s’agit de les restituer, je retiens qu’il me faut écrire. L’idée que la littérature est une forme de connaissance aussi puissante que la science fait son chemin.
En 1996, après une formation de scénariste multimédia, je me lance dans l’écriture de programmes interactifs scientifiques et culturels jusqu’en 2003. Durant ces années foisonnantes où j’expérimente différentes formes d’écriture - textuelles, sonores, visuelles, interactives -, j’écris mes premiers textes de fiction. De 2003 à 2013, je dirige la communication de l’ingénierie de la RATP et explore l’usage de nouveaux médias. Entre 2006 et 2010, j’écris un nouveau roman.
En 2010, je renoue avec ma passion pour l’écologie politique en suivant le Master 2 « Développement durable et Organisations » de l’université de Paris Dauphine » que j’obtiens en 2012. De 2011 à 2012, je collabore avec l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales sur les questions du climat et de la mobilité urbaine. En 2013, les éditions Bleu pétrole publient mon roman « L’étrangère qui a perdu ses yeux dans le sable ». Depuis 2013, j’explore différentes formes d’écriture au travers de plusieurs projets.

Thématiques :
Le travail d’écriture est d’abord pour moi une exploration, un voyage en terres inconnues. C’est une tentative de mettre à nu les fils invisibles qui relient les êtres entre eux et avec leur environnement. En cela, l’écriture agit comme un révélateur d’une nouvelle forme de connaissance.
C’est dans la tension entre Histoire et mémoire, entre une objectivité qui fait fuir le sujet et une subjectivité qui dissout l’objet que j’ai approché un « nouveau lieu » qui n’appartient ni à l’Histoire, ni à la mémoire, d’où a pu naître une oeuvre d’imagination. La structure narrative de « L’étrangère qui a perdu ses yeux dans le sable » conçue comme un millefeuille dont les éléments entrent sans cesse en résonance tente de révéler une toile au tissage fin, faite de connexions improbables.

https://www.facebook.com/florence.miroux.9
Bibliographie

Roman
– L’étrangère qui a perdu ses yeux dans le sable, Bleu pétrole, Paris, 2013

Extraits

Extrait 1

Je sens dans la gorge, des mots, blottis, couchés en chien de fusil comme des enfants endormis, silencieux et sages. Avec la pointe de ma langue, je les réveille. Ils remuent puis se rétractent. Je les rattrape. Je ne récolte que leur ombre, leur part silencieuse.
- Qu’est-ce que tu cherches ? me demande-t-il en s’écartant.
- Et toi ?
Nous nous épions mutuellement. Je saisis sa main et observe nos peaux qui se touchent sans que nos couleurs se mêlent. Nous nous taisons. Pourtant j’aimerais parler. Je l’ai dans la bouche. Un mot rond comme une bulle de savon qui attend le souffle qui le fera naître. Je le connais déjà. Je l'ai crié, je l'ai murmuré. Je l'ai dessiné avec ma bouche . Je lui ai donné corps avec mon souffle. Je l'ai propagé autour de moi. Je lui ai donné un nom. Je l'ai perdu.
- Et toi ? Qu’est-ce que tu cherches ?
- Rien.
- Moi non plus, dis-je en l’étreignant.
- Menteuse ! s’écrie-t-il en souriant.

Extrait 2
En quelques heures, les allées du camp sont devenues le lit d’une rivière aux bras multiples. Hassein progresse dans la boue, la tête baissée pour se protéger de la pluie fine qui tombe sans discontinuer depuis le début de la nuit. Dans sa main, un peu de cette boue qu’il retient au creux de sa paume comme une eau sacrée. Il l’emmène à Alger. C’est ce qu’il se répète tandis qu’il avance, en costume trois pièces, vers l’Algérie. Il emporte avec lui la terre baignée par les eaux usées de la Folie, la terre des sacrifiés aux mains noires et des caïds aux maisons de papier. Il la portera au bled. Il verra bien alors comment les deux terres se mélangent.
Après le passage de la frontière, le train prend de la vitesse. À travers la fenêtre filtrent des rayons de soleil. Une douleur vive lui transperce les côtes. Instinctivement, il contracte ses muscles, coupe sa respiration. Il doit oublier. Il doit l’effacer. Il va tout effacer. Il s’empare de ses souvenirs et les enfouit dans un grand trou qu’il comble ensuite. Ainsi gît son amour, au fond de lui, enterré sans sépulture.

Lieu de vie

Île-de-France, 75 - Paris

Types d'interventions
  • Ateliers d'écriture en milieu scolaire
  • Rencontres et lectures publiques
  • Ateliers / rencontres autres publics
  • Résidences
  • Rencontres en milieu scolaire