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Les écrivains / adhérents

Stéphane Lambert

Poésie / Roman / Essais
photo Stéphane Lambert

Né le 17 octobre 1974, Stéphane Lambert est romaniste de formation (Université Libre de Bruxelles). Il a été très actif dans le domaine du livre et de la littérature en Belgique en tant qu’éditeur (il a notamment cofondé les éditions Le Grand Miroir). Il collabore régulièrement à la presse écrite où il réalise principalement des portraits d’acteurs et d’actrices. Il a reçu divers prix et bourses (Académie Royale de Langue et de Littérature françaises, Ministère de la Communauté Française, Fondation SPES) et a bénéficié de résidences d’auteur à Rome, Berlin, Vilnius et Paris. Il a enseigné à l’Université Charles à Prague. Il vit à Bruxelles où il se partage entre la nécessité d’enracinement et le besoin d’être ailleurs.

Le désir, le corps, l’identité, la famille, le deuil, la mort, sont les thèmes majeurs qui traversent les textes de Stéphane Lambert, habités par une sensibilité douloureuse. Une ironie mélancolique traverse en effet ses fictions et ses récits autobiographiques dont le moteur est la rigueur et la précision d’observation. L’art occupe également une place centrale dans son univers. La compréhension du processus de création et la description de l’impact des œuvres d’art forment une matière intime qui permet d’approcher au plus près le sentiment trouble d’être au monde. Les voyages de l’auteur, ses séjours à l’étranger, ses lectures, et ses autres activités, ne cessent de nourrir son écriture : « une splendeur d’écriture où les deux mystères du désir et de l’esprit sont, pour la première fois peut-être, résolus parce que leurs ombres et leurs lumières mêlées, vivent avec une acuité supranaturelle »
(Claude Régy).

Photo : J. Pohl

http://www.stephanelambert.com
Bibliographie

Littérature
– Une histoire d'amour (roman), Luc Pire (coll. Embarcadère), 2002.
– Comme de se dire d’un amour qu’il sera le dernier (nouvelles), Labor/Grand Espace Nord, 2005. Prix Franz de Wever. Prix Lucien Malpertuis pour la nouvelle “Simone et Jean”.
– Filiations (récits), Labor/Grand Espace Nord, 2006. Finaliste Prix Rossel.
– Mes morts (récit), Le Grand Miroir, 2007.
– Impacts des balles à blanc, Maelström/Bookleg, 2007.
– L’homme de marbre (roman), Labor/Le Grand Miroir, 2008.
– L’adieu au paysage - Les nymphéas de Claude Monet, La Différence (coll. Matière d’images), 2008.
– Le sexe et la main (poésie), L’Arbre à Paroles, 2009.
– Les couleurs de la nuit (roman), La Différence, 2010
– Mark Rothko : Rêver de ne pas être, Les Impressions nouvelles, 2011. Rééd. Arléa-Poche, 2014.
– Mon corps mis à nu (récit), Les Impressions nouvelles, 2013.
– Le jardin, le séisme – Dans les pas de François Muir, éditions La Lettre volée, 2013.
– Paris Nécropole (roman), L’Âge d’Homme, 2014.
– Nicolas de Staël. Le vertige et la foi, Arléa, 2014.

Documents
– Bruxelles – Identités plurielles (reportage), Autrement (coll. Villes en mouvement), 2006.
– Di(s)gressions (conversation avec Micheline Presle), Stock, 2007
– Claude Régy, Dans le désordre, propos provoqués et recueillis par Stéphane Lambert, Actes Sud, 2011. Prix du Meilleur Livre sur le Théâtre (Syndicat de la critique de théâtre).

Préface
– « L’école de l’admiration » in “Donnez-nous des maîtres qui célèbrent l’Ici-Bas” (Lettres à Emile Verhaeren suivi de Lettre du jeune travailleur) de Rainer Maria Rilke, Arfuyen, 2006.

Œuvres radiophoniques
– Le commun des mortels (émission Par ouï-dire), RTBF/La Première, mars 2009.
– « Être moi, toujours plus fort » – Les paysages intérieurs de Léon Spilliaert (émission Drôles de Drame), France Culture, 2010.
– Impressions de l’étang – Les Nymphéas de Claude Monet (émission Drôles de Drame), France Culture, 2010.

Extraits

Je venais d’arriver à Prague où le vin était aigre, et dans ce que j’estimais être ma pitoyable vie je m’étais résolu à boire de la bière de Plzeň – une bière à basse fermentation qui me rappelait le goût et la couleur de la bière belge. A une centaine de mètres de l’appartement que j’avais trouvé à quatre arrêts de métro du centre ville – que j’avais malencontreusement trouvé –, j’avais repéré une station service ouverte 24 heures sur 24. Elle se tenait repliée sous un tronçon de viaduc autoroutier. J’éprouvai aussitôt pour elle une vive sympathie – cette sale manie d’être sensible à la misère des autres... Rien ne me prédisposait pourtant à fréquenter sur place les pompes à essence : j’avais vendu ma voiture à Bruxelles avant de partir – on m’avait signalé qu’à Prague les véhicules à plaques étrangères étaient volés en moins de deux jours. La nuit, lorsque mes pas me conduisaient à la source, je voyais au loin triompher de l’obscurité et résister au poids de la circulation qui lui passait au-dessus de la tête la station service urbaine, je pensais alors aux tableaux de Daddi, petits rectangles dorés luttant contre des forces obscures. La lumière des néons m’apaisait soudain, le frigo ronronnait comme un chat se frottant aux chevilles, j’y trouvais, rayonnantes, les bouteilles de Pilsner Urquell, et je repartais dans le noir avec deux litres de bière blonde sous la main – j’étais content.

(Les Couleurs de la nuit, éditions de la Différence, 2010)


[…] Alors, quand il n’y avait plus rien eu à déplorer, il n’était resté que la certitude d’être dans la bonne direction, nulle perspective claire, une certitude fragile, et parfois ombrageuse, rien de statique, la conviction mouvante de creuser au bon endroit, sourcier illuminé et affaibli, qu’alimentait et renforçait la foi en son art, une foi combative, que n’arriveraient pas à atteindre l’indifférence ou le mépris. Après ce siècle qu’il avait enterré, un siècle nouveau était né, le monde avait changé, on le disait, de même qu’on devait dire de lui qu’il était terminé. Que son art était mort avec le siècle enfoui. L’impressionnisme n’impressionnait plus personne […] Car lui sentait qu’il n’était pas arrivé, qu’il n’était pas au bout du voyage – comment expliquer autrement son exceptionnelle endurance. Il sentait (la certitude) qu’il y avait encore des coups de pinceaux à donner, il y avait quelque chose devant lui, il en était certain. Ah ! et nul n’aurait pu croire, nul même ne voulait croire, à l’acharnement d’un artiste au terme de son parcours, au génie démodé, nul donc n’aurait pu se douter, si ce n’était ce cher Clemenceau, que le miracle viendrait de là, de Giverny, de ce combat solitaire et insensé contre des plantes et la lumière.

(L’Adieu au paysage – Les Nymphéas de Claude Monet, éditions de la Différence, 2008)

Ma bibliothèque


Voici quelques titres classiques qui sont pour moi des références :

– Vers le phare de Virginia Woolf
– Le voile noir de Nathaniel Hawthorne
– Molloy de Samuel Beckett
– L'Amant de Marguerite Duras

Et voici quelques titres plus contemporains :

– Melancholia de Jon Fosse
– Austerlitz de W.G. Sebald


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